Santé mentale  : la SOTOSAM  à la rencontre des populations dans les Savanes

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Tandjouaré, Barkoissi, Mango et Gando accueillent, du 24 au 29 août 2026, une campagne de consultations gratuites et de sensibilisation sur la santé mentale. À l’initiative de la Société Togolaise de Santé Mentale (SOTOSAM), l’opération entend rapprocher les soins des populations et contribuer à briser les préjugés entourant encore les troubles mentaux.

La santé mentale s’invite au cœur des préoccupations dans la région des Savanes. Du 24 au 29 août 2026, la Société togolaise de santé mentale (SOTOSAM) organise une Campagne de Consultations Foraines en Santé Mentale et de sensibilisation sur l’hygiène mentale quatre localités : Tandjouaré, Barkoissi, Mango et Gando.

L’initiative bénéficie de l’appui du Programme National des Addictions aux Produits Psychoactifs (PNAPP), ainsi que du soutien technique et financier du Haut-Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité nationale (HCRRUN).

L’objectif est de rapprocher les services de santé mentale des populations, particulièrement dans des zones où l’accès à une prise en charge spécialisée demeure limité. Au programme : consultations gratuites, accompagnement médical et psychologique, dépistage et sensibilisation des communautés.

Tandjouaré, première étape de la campagne

Pour la première journée de l’opération, l’équipe de la SOTOSAM s’est rendue à Tandjouaré, le 25 août. La population a été sensibilisée aux différentes problématiques liées à la santé mentale, notamment aux causes, aux manifestations et aux possibilités de prise en charge des troubles mentaux.

Selon le Dr Wenkourama, le choix de la région des Savanes répond à plusieurs réalités. La région est confrontée, depuis plusieurs années, aux conséquences de la crise sécuritaire dans le Sahel, avec notamment des attaques armées et des déplacements de populations.

À ces difficultés s’ajoutent des traumatismes liés à différentes situations vécues par les communautés, ainsi que des difficultés d’accès aux soins spécialisés.

« Dans une région où l’accès à des soins de qualité devient de plus en plus difficile, il était important d’aller vers les populations afin de leur offrir ces soins », a expliqué le praticien.

La campagne vise notamment à identifier et prendre en charge des troubles liés aux traumatismes, dont le stress post-traumatique, mais également d’autres pathologies telles que l’épilepsie.

L’équipe mobilisée comprend des psychiatres, des psychologues, des professionnels titulaires d’un master en santé mentale ainsi que des représentants du Programme national des addictions aux produits psychoactifs.

Une forte mobilisation des populations

À Tandjouaré, la mobilisation a été importante dès la première journée. Selon le Dr Wenkourama, l’équipe s’attendait à recevoir environ 150 personnes et enregistrait déjà une affluence significative au cours des consultations.

Au-delà de la prise en charge médicale, la campagne met également l’accent sur la lutte contre la stigmatisation.

« Nous voulons faire comprendre aux populations que les troubles mentaux peuvent être pris en charge et qu’il existe des traitements adaptés », a souligné le praticien.

Un dispositif de suivi est prévu à l’issue de la campagne. Les personnes nécessitant une prise en charge complémentaire pourront notamment être orientées vers le Centre hospitalier préfectoral (CHP) de Tandjouaré.

Des besoins importants en soins spécialisés

Pour M. Biréga, psychologue au CHP de Tandjouaré, les besoins en matière de santé mentale sont réels dans la préfecture, mais l’offre de soins spécialisés reste insuffisante.

L’absence de psychiatre oblige notamment certains patients nécessitant une prise en charge spécifique à se rendre au Centre hospitalier régional (CHR) de Dapaong. Une orientation qui peut représenter un obstacle supplémentaire pour les familles confrontées à des difficultés financières.

Le psychologue relève également plusieurs facteurs susceptibles de favoriser l’apparition ou l’aggravation des troubles psychologiques, notamment la précarité, les difficultés familiales, les soucis du quotidien et les événements traumatisants.

Le contexte sécuritaire que connaît la région vient, selon lui, accentuer ces vulnérabilités.

Pour les bénéficiaires, cette campagne représente également une occasion d’accéder gratuitement à des consultations et à des médicaments.

Mme Aïcha, venue accompagner une personne souffrant de troubles mentaux depuis deux ans, se réjouit de l’initiative.

Elle estime que les séances de sensibilisation organisées avant les consultations permettent aux familles de mieux comprendre les troubles mentaux et les possibilités de prise en charge.

« Certaines personnes négligent la maladie mentale ou en ont honte. Pourtant, lorsqu’une personne souffre de ce type de maladie, elle a besoin d’être accompagnée », a-t-elle confié.

À travers cette campagne qui se poursuit à Barkoissi, Mango et Gando, la SOTOSAM et ses partenaires entendent ainsi faire reculer les préjugés et améliorer l’accès des populations aux soins de santé mentale.

Une démarche qui rappelle qu’au-delà de la maladie, les personnes vivant avec des troubles mentaux ont, elles aussi, droit à une prise en charge adaptée, à la dignité et à l’accompagnement de leur communauté.

InterFaxPress

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