Le 28 janvier 2025, Lomé a accueilli un colloque pour commémorer les 20 ans du décès du Général Gnassingbé Eyadéma, déclenchant des débats sur son héritage. Jean-Pierre Fabre, leader de l’ANC, a notamment remis en cause son titre de « Père de la Nation ». Une autre tentative opportuniste de repositionnement d’un parti en déclin et en quête de renouveau.
Le 28 janvier 2025, Lomé a abrité le colloque académique commémorant les 20 ans du décès du Général Gnassingbé Eyadéma. Un rendez-vous qui a ravivé de vives discussions sur l’héritage politique et institutionnel du défunt président.
Parmi les interventions notables sur le sujet, celle de Jean-Pierre Fabre. Le leader de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) a particulièrement attiré l’attention. Ce dernier a remis en cause le titre de « Père de la Nation » attribué à Eyadéma. Cela rassemble à une autre des tentatives opportunistes de repositionnement de l’ANC. Un parti désespéré face de son propre déclin.
L’érosion de l’influence de l’ANC
Fabre a connu d’énormes désillusions dans sa carrière politique. Des défaites à l’élection présidentielle de 2010, suivie de nouvelles débâcles en 2015 et 2020. Depuis, l’ANC semble être dans une phase de déclin irréversible.
Après avoir incarné une opposition forte au régime de Faure Gnassingbé, le parti semble de plus en plus marginalisé sur le plan national. L’absence de victoire électorale significative et l’influence qui s’en est suivie ont conduit à une perte de crédibilité. Aujourd’hui, on pourrait affirmer sans se tromper qu’une grande partie des Togolais doutent désormais de la capacité de l’ANC. Surtout de sa capacité à représenter une alternative viable à la gouvernance actuelle.
Jean-Pierre Fabre et son parti Malgré ont tenté de s’impliquer dans la gestion politique du pays. Cependant, ils peinent à capter l’adhésion d’une population de plus en plus désillusionnée par l’opposition traditionnelle. L’ANC, jadis porte-voix de la contestation, se retrouve souvent réduite à une minorité. Ses voix noyées dans un champ politique dominé par des partis ayant su s’adapter aux exigences du pouvoir et de la société togolaise. Sa troisième place à la dernière présentielle en dit long.
Les tentatives opportunistes de repositionnement
Au fil des années, l’ANC a multiplié les tentatives de repositionnement, souvent perçues comme opportunistes. Face à la montée de l’aspiration des Togolais pour des réformes politiques réelles, le parti semble se trouver dans une impasse.
Ses actions et prises de position sont souvent jugées tardives et sans impact véritable. On pourrait croire que l’ANC ne réagissait plus aux événements qu’elle ne les anticipait. Le parti a, par exemple, multiplié les appels à des réformes constitutionnelles et électorales. Mais, ses propositions peinent à se concrétiser ou à mobiliser une large base de soutien.
L’ANC semble aujourd’hui en quête de nouvelles alliances, mais ces tentatives sont perçues comme déconnectées des réalités du pays. La faible capacité à transformer les frustrations populaires en réels projets de gouvernance ont réduit son influence.
L’absence de propositions concrètes et le manque d’ancrage social
L’ANC a longtemps incarné l’opposition au régime en place. Le parti peine désormais à proposer un projet politique attractif et concret pour la société togolaise. Si la critique du pouvoir est toujours au cœur de ses actions, il manque une vision claire du futur du Togo.
Jean-Pierre Fabre, bien que doté d’une grande expérience politique, n’a pas réussi à se constituer une base solide de soutien populaire. En tout cas, pas en dehors des cercles traditionnels de l’opposition. Cette absence de propositions concrètes est devenue un des principaux reproches adressés à l’ANC.
Le parti peine également à s’ancrer dans le quotidien des Togolais, qu’ils soient urbains ou ruraux.
Une opposition qui se cherche
Le déclin de l’opposition togolaise souligne les difficultés actuelles de l’opposition togolaise à se réinventer. Après plus de 30 ans de gouvernance sous l’emprise du pouvoir des Gnassingbé, l’opposition semble manquer de souffle et de cohérence.
L’ANC, qui aurait pu capitaliser sur l’héritage de la lutte pour la démocratie, semble désormais prise au piège de ses divisions internes. Et même de ses rivalités historiques.
De la nécessité de se réinventer
Les appels à un renouvellement de l’opposition se multiplient. Mais, pour l’heure, le leadership de Jean-Pierre Fabre ne parvient pas à insuffler cette nouvelle dynamique. L’ANC a longtemps incarné un espoir de changement pour une partie de la population togolaise. Aujourd’hui, elle semble à la croisée des chemins. Son manque de propositions concrètes témoigne d’une érosion continue de son influence.
Jean-Pierre Fabre et son parti devront réinventer leur approche s’ils veulent un jour devenir une alternative crédible au pouvoir en place. Pour cela, un retour aux fondamentaux, à une réflexion de fond sur l’avenir du pays et un projet solide, sont plus que jamais nécessaires.












