Le monde vient d’adopter une nouvelle déclaration : la Déclaration politique de Doha, issue du Deuxième Sommet mondial pour le développement social.
Quarante chefs d’État, des centaines de ministres et des milliers d’acteurs de développement ont promis, une fois encore, de lutter contre la pauvreté, d’assurer le travail décent, l’inclusion sociale et la protection de la planète.
Mais une question brûle les lèvres des peuples du Sud : ces engagements seront-ils tenus, ou ne seront-ils qu’une promesse de plus ?
Le respect des droits humains ne peuvent pas attendre
Les populations du monde, surtout en Afrique, n’ont pas besoin de nouvelles promesses, mais d’actions concrètes. Les droits humains fondamentaux : droit à la vie, à la santé, à un environnement sain, à l’énergie, à l’éducation, à la justice sociale ; sont encore bafoués chaque jour. Les inégalités se creusent davantage.
Pendant qu’à Doha les dirigeants signent des textes solennels, dans nos villages, des millions de femmes et de jeunes vivent sans électricité, sans eau potable, sans soins de santé de base.
Les sécheresses et les inondations détruisent les récoltes, la pauvreté gagne du terrain, et les inégalités s’aggravent.
Le développement social n’est pas un luxe : c’est un droit humain
Et le respect de ces droits ne peut dépendre du bon vouloir des puissants, ni des aléas politiques ou économiques.
Justice environnementale et énergétique : une urgence vitale
La Déclaration de Doha parle d’action climatique urgente. Mais combien de dirigeants traduiront ces mots en actes ?
Les pays africains, qui ne sont responsables que d’une infime part des émissions mondiales, subissent de plein fouet les effets du dérèglement climatique : sécheresses, chaleurs extrêmes, insécurité alimentaire.
Pendant ce temps, des millions de familles cuisinent encore au feu de bois, respirant des fumées toxiques, et les énergies renouvelables peinent à se déployer faute de financement.
Nous avons besoin d’une justice énergétique, que chaque être humain ait accès à une énergie propre, abordable et durable.Et d’une justice climatique, que les pays riches honorent leurs promesses de financement et d’appui technologique.
Santé, éducation, protection sociale : les fondations de la dignité
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a parlé d’un « plan du peuple ».Mais pour que ce plan vive, il faut des moyens, et surtout une volonté politique. Aujourd’hui, la santé publique est à genoux, les écoles rurales manquent d’enseignants, les jeunes diplômés n’ont pas d’emploi, et les travailleurs informels vivent sans sécurité sociale. Sans santé universelle, éducation de qualité, et protection sociale pour tous, le développement social restera une illusion.
Les peuples réclament des actes, pas des discours
Les organisations de la société civile, les jeunes, les femmes, les communautés rurales et urbaines attendent que la Déclaration de Doha soit le début d’une ère nouvelle, et non une répétition de Copenhague 1995 ou de New York 2015.
Les peuples appellent les gouvernements à mettre en œuvre des politiques sociales équitables et inclusives, avec des budgets transparents et participatifs ; investir massivement dans les énergies renouvelables, la santé, l’éducation et la protection sociale universelle; assurer le suivi quinquennal de la Déclaration de Doha avec une participation active de la société civile ; réformer l’architecture financière mondiale pour qu’elle serve enfin les peuples, et non les profits.
Ne laissons pas Doha devenir un souvenir de plus
La Déclaration de Doha porte une promesse d’espoir. Mais l’histoire récente nous a appris que les promesses non tenues se transforment vite en désillusions. Les peuples souffrent trop pour attendre encore dix ans. C’est maintenant qu’il faut agir, pour la justice sociale, pour la dignité, pour la planète, pour la vie.












