Lomé, 6 août 2026 (InterFaxPress) – Le FOUFOUMIX, robot culinaire industriel conçu au Togo pour mécaniser la préparation du foufou, se retrouve au centre d’un important contentieux judiciaire portant sur des faits présumés de contrefaçon. Après une première décision favorable rendue par le Tribunal de commerce de Lomé, l’affaire est désormais examinée par la Cour d’appel.
Présenté comme l’une des rares inventions brevetées de l’espace de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) à avoir atteint le stade de la production industrielle et de la commercialisation, le FOUFOUMIX est protégé par plusieurs brevets OAPI ainsi que par une demande internationale enregistrée dans le cadre du Traité de coopération en matière de brevets (PCT).
Une innovation industrielle née au Togo
Conçu pour reproduire mécaniquement les gestes traditionnels de préparation du foufou, aliment emblématique de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, le FOUFOUMIX permet d’automatiser une opération habituellement longue et physiquement exigeante.
L’appareil repose sur plusieurs innovations techniques protégées par les brevets OAPI n°16686 (2014), n°21310 (2023) et n°21755 (2024). L’ensemble de l’unité de production a été conçu et installé au Togo avec des moyens locaux, faisant de cette réalisation un exemple rare d’industrialisation entièrement développée sur le territoire national.
Le différend remonte à 2024, lorsque des machines commercialisées sous la marque POWER KING apparaissent sur les marchés togolais et ghanéens.
Ces appareils reproduisent une grande partie des technologies protégées par ses brevets. De plus certains éléments du manuel d’utilisation, notamment la dénomination FOUFOUMIX ainsi que les coordonnées du service après-vente basé à Lomé, auraient été repris.
Les investigations menées auraient permis d’identifier une société opérant entre le Ghana et le Togo comme à l’origine de ces produits, fabriqués en Chine.
Un premier accord, puis une nouvelle procédure
À la suite d’une opération de saisie-contrefaçon réalisée en juillet 2024 dans les locaux de la société concernée, les deux parties avaient tenté un règlement amiable à travers un partenariat commercial.
Cette collaboration n’ayant pas abouti, le litige s’est poursuivi devant les juridictions commerciales.
Parallèlement, des copies similaires du robot auraient commencé à être proposées sur des plateformes internationales de commerce électronique sous différentes marques, contribuant, à une forte baisse de ses ventes sur le marché national.
Une victoire judiciaire en première instance
Dans son jugement n°0416/2026 rendu le 14 juillet 2026, le Tribunal de commerce de Lomé a reconnu la validité des brevets de l’inventeur togolais et qualifié les faits reprochés de contrefaçon et de concurrence déloyale.
La juridiction a condamné solidairement les défendeurs au paiement de 25 millions de FCFA de dommages et intérêts, ordonné la cessation de la fabrication, de l’importation et de la commercialisation des produits incriminés, ainsi que leur confiscation et leur destruction. Le jugement a également été assorti de l’exécution provisoire.
L’affaire devant la Cour d’appel
Un appel a été interjeté par la société accusée de contrefaçon trois jours après la décision. Une ordonnance provisoire de sursis à exécution a été accordée le 28 juillet 2026 dans l’attente d’une audience de référé fixée au 28 août 2026.
La Cour d’appel de Lomé devra désormais se prononcer sur le fond du dossier et confirmer ou non le jugement rendu en première instance.
Un dossier aux enjeux économiques et industriels
Au-delà du litige entre les deux parties, cette affaire soulève des questions plus larges sur la protection des inventions africaines face à la contrefaçon internationale, l’efficacité du système de propriété intellectuelle de l’OAPI et les défis auxquels sont confrontés les industriels locaux dans un contexte de concurrence mondiale.
L’issue de cette procédure pourrait constituer un précédent important pour les inventeurs et entrepreneurs de l’espace OAPI engagés dans la valorisation industrielle de leurs innovations.
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