Le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a effectué samedi 25 octobre 2025, sa rentrée politique 2025-2026 à Lomé, sous le thème, « La cogestion pour la refondation de la République ».
Une rentrée exceptionnelle, selon le président national du parti, Yao Daté, marquée par un ton grave et un appel pressant à un sursaut national face à la crise politique, sociale et économique que traverse le Togo.
Dès l’ouverture, le CAR a rappelé son attachement aux valeurs qui ont fondé son combat depuis sa création : la démocratie, la justice, la souveraineté populaire et la liberté. Fidèle à l’héritage de son fondateur, Me Yawovi Agboyibo, le parti se veut toujours « aux côtés du peuple jusqu’à la victoire ».
Le discours d’ouverture a dressé un tableau sombre de la situation nationale, cherté de la vie, chômage massif des jeunes, rétrécissement des libertés publiques, clientélisme politique, corruption endémique et modification controversée de la Constitution en pleine période électorale.
Pour le CAR, ces dérives traduisent « une volonté manifeste de s’éterniser au pouvoir » et de reconstituer un parti-État sous couvert d’un multipartisme de façade.
Face à ce qu’il qualifie de « déliquescence de l’État », le CAR propose une voie alternative, la cogestion du pays.
Selon la déclaration solennelle, cette démarche vise à rétablir la confiance entre les acteurs politiques et à refonder les institutions républicaines.
Le parti préconise notamment, l’organisation d’assises politiques nationales pour traiter les questions socio-politiques et libérer les détenus d’opinion ; la mise en place d’un gouvernement inclusif de mission chargé d’organiser des élections générales ; la création d’institutions électorales crédibles et inclusives, accompagnées par la communauté internationale ; l’application temporaire de la cogestion, dont les modalités seraient fixées lors des assises nationales.
Pour le CAR, cette démarche permettrait de « dissiper la suspicion et la méfiance instaurées par des décennies d’hypocrisie politique » et d’amorcer la construction d’un État-nation fort et respecté.
Le parti d’opposition a également lancé une série d’appels à divers acteurs, au gouvernement, pour la libération des prisonniers politiques, la non-augmentation des tarifs de base et la prise de mesures contre les incendies de marchés.
Aux religieux, à « joindre l’acte à la prière » en s’impliquant davantage dans la lutte contre les injustices sociales.
Aux chancelleries étrangères, pour « ne pas fermer les yeux sur les dérives démocratiques » et encourager une coopération tournée vers le bien-être du peuple.
Au peuple togolais, enfin, pour « refuser la résignation et choisir la voie de l’engagement patriotique ».
Dans son discours de clôture, le président national du CAR, Yao Daté, a insisté sur le caractère inédit de cette rentrée politique, « Il n’est pas de coutume de rendre aussi solennelle une rentrée politique, mais à situation exceptionnelle, il faut des actes exceptionnels », a-t-il déclaré.
Évoquant les frustrations multiples dans la société togolaise, des enseignants licenciés non réintégrés malgré les décisions du BIT, aux commerçantes victimes des incendies de marchés, Yao Daté a dénoncé « un système qui régente le pays depuis près de six décennies » et « étouffe toute voix critique ».
« Comment demander à la jeunesse de se taire lorsqu’elle n’a plus confiance en l’avenir ? », s’est-il interrogé, avant d’ajouter, « Ni la révolution populaire, ni le coup d’État ne sont des solutions politiques. Seule une démarche courageuse, concertée et patriotique peut sortir le Togo de l’impasse. »
Le leader du CAR a appelé les militants et sympathisants à réfléchir sur le sens même de l’engagement politique, « Est-ce po…












