Togo : L’APGID demande aux Régents des trônes de Glidji et de Lolan le respect des textes du peuple Gê-Mina

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L’Association des Prêtres Gèyéhoé et Initiés pour le Développement Tofodji Agbolé vient d’écrire à  leurs Altesses Asafo Atsè FOLLY-BEBE Kangni, Régent du Palais de Glidji et LAWSON BODY Latevi Adondjégoun, Régent du Palais Royal pour entre autre leur demander  le respect du texte fondamental régissant les rituels et temples  du peuple Gê.

 

Un prêtre traditionnel est soumis à l’autorité du chef traditionnel du territoire d’implantation du temple

Dans le courrier parvenu le 21 novembre aux destinataires, l’Association des Prêtres Gèyéhoé et Initiés pour le Développement Tofodji Agbolé indique qu’elle est dans l’obligation de relever l’illégalité manifeste de ladite décision. En effet, indique la lettre, la décision  contrevient au texte fondamental régissant les rituels et temples Gê, adopté le 2 août 2016 au Palais Royal de Glidji.

« Ce statut tire sa légitimité de son approbation par Gê-Fiogan, les Gê- fio, les représentants des clans, les chefs de collectivités, les hounons et diverses personnalités ressources de la communauté. Son élaboration fut assurée par une commission dirigée par le Professeur N’buéké Adovi GOEH-AKUE, dont les travaux ont duré cinq semaines au Palais Royal des Gê à Glidji. Votre décision indique que le Wolomo TÊVI Gnavo est suspendu de ses fonctions en tant que Kpessou Hounon. Or, aucune disposition du statut en vigueur ne vous confère le pouvoir de suspendre un prêtre dont le temple n’est pas situé dans votre ressort territorial, et qui n’a commis aucune infraction suivant les textes en vigueur », indique la lettre qui évoque également un non-respect des textes.

 

Les articles  du statut sont  convoqués par l’association.  Article 6, alinéa 5: «  Il est obligatoire que tous prêtres des divinités Gê se retrouvent au sein d’une confrérie […] Le bureau de cette confrérie constitue une instance disciplinaire ».

Article 15, alinéa 4: «  Le hounon peut aussi être sanctionné par sa confrérie selon leur règlement intérieur. Le bureau de la confrérie est tenu d’en informer le chef de collectivité ».

Article 10, alinéa 17:  « Administrativement, le prêtre traditionnel est soumis à l’autorité du chef traditionnel et du chef de canton du lieu d’implantation du temple ».

 

Il apparaît donc clairement, note l’association,  que seule la confrérie des hounons, encore non mise en place, est habilitée à prononcer une sanction, en collaboration avec les autorités territoriales directement concernées.

« En l’absence de là confrérie prévue par les textes, vous ne pouvez constituer unilatéralement une commission lui attribuant ses prérogatives disciplinaires, et ce sans consultation préalable des Rois, chefs de cantons, chefs de clans, chefs de collectivités, chefs de familles et prêtres des communautés Gê-Mina », indique le courrier.

 L’inégalité de la commission de régulation des rites Gê-Mina en lieu et place de la confrérie des prêtres Gê-Mina 

L’Association des Prêtres Gèyéhoé et Initiés pour le Développement Tofodji Agbolé note avec regret, que cette commission a été créée sans associer Sa Majesté Nana ANE OHINIKO QUAM DESSOU XV, Roi des Mina, Chef Traditionnel de la ville d’Aného, pourtant unique tête couronnée de la Commune des Lacs 1. Il est à relever que les autres chefs traditionnels, les chefs de famille et les hounons de l’espace Gê-Mina ne sont pas associés comme l’indique le texte pour toute modification.

Une commission dédiée à la régulation des rites Mina ne saurait être légitime sans l’implication du souverain de cette communauté.

Pour l’association, de telles pratiques ne favorisent ni la paix ni la cohésion sociale, valeurs pourtant essentielles et chères au Président du Conseil de la République, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé.

Un temple ne peut en aucun cas fermer par un chef traditionnel

L’article 4, alinéa 6 du statut, relève l’association,  précise sans ambiguïté: «  Un temple ne peut en aucun cas être fermé par un chef traditionnel, à moins que le responsable du couvent ne respecte les règles de bonne vie et mœurs. Cette lourde décision revient au clan qui en assume la responsabilité ».

En l’espèce, aucun manquement n’a été relevé, et l’autorité compétente demeure le clan, non un chef traditionnel externe au territoire d’implantation du temple incriminé, lit-on dans la lettre.

 

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