Un dieu pour le petit berger : un récit autobiographique nourrie d’informations et de réflexions sur l’Afrique 

0

 

Un dieu pour le petit berger est une œuvre autobiographique. L’autobiographie fait partie de ce qu’on a souvent appelé les récits de vie qui comportent la biographie, le journal intime, les mémoires …

Comme toute autobiographie, ce livre de 208 pages fait une part à la réflexion, une belle part même , qui domine sur près de 123 pages.  Le livre inclut en réalité trois genres :

  • Le récit, un récit touchant de l’auteur sur sa propre vie, de l’enfance à sa longue carrière à la Banque Centrale de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO)
  • Des informations fort utiles à l’endroit du lecteur débarrassé des a priori sur cette institution monétaire.
  • Des réflexions à partager sur notre destin global, celui de l’Afrique noire. La biographie de l’écrivain qu’on découvre à la 4e page de couverture du livre peut être considérée comme un menu. Togolais d’origine, Michel Komlanvi Klousseh, sans être un homme politique, est un témoin radical de l’histoire du continent et de son pays, de la fin de l’époque coloniale, des indépendances de nos États Africains, et de leur gouvernance politique et économique en tant que secrétaire de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique  de l’Ouest (BCEAO).

Cette position lui a permis « depuis son village perdu  de Vo-koutimé … » d’ancrer ses expériences professionnelles sur l’axe : Lomé, Paris – Dakar, de traverser toute l’Afrique et le monde.

Le titre Un dieu pour le Petit Berger, quoique cachant une modestie, est fort expressif si l’on prend contact avec le contenu de ce livre où, chez un père paysan mais visionnaire et accompagnant son enfant, le hasard, disons plutôt la chance, la détermination  et des choix se croisent pour bâtir le  destin inespéré de ce dernier.

L’histoire racontée par cet enfant devenu grand, ce ne sont que des souvenirs non fardés, sélectionnés et construits avec art, où narrateur, personnage et auteur se confondent en vue de nous tracer la chronologie de ce destin, exemplaire pour les jeunes africains d’aujourd’hui qui veulent encore trouver le chemin de la réussite dans la probité et le travail .

Le début emprunte même à la technique du roman : le media res, qui consiste à entamer l’histoire à son point central. Il s’agit dans le cas de cet auteur de « son atterrissage » à la Banque Centrale de l’Afrique de L’Ouest, le point focal de toute son existence. Tout le reste ne constitue que les tenants et les aboutissants de ce parcours à travers un flash-back. La fin est une projection sur le futur et une expression de ses joies de vivre.

Le tout appuyé par des informations et des réflexions conséquentes.  La structure de l’histoire se présente comme suit :  – – Une préface qui porte la signature d’un homme bien connu pour sa plume éditoriale sur les ondes de Radio France internationale (RFI) : Le journaliste Jean-Baptiste Placca, un compatriote de l’auteur.

Suivent des parties et des chapitres toujours bien titrés ou sous-titrés dont on peut dresser le relevé suivant :

  • Condamnés à la précarité.

Un titre qui parle de son berceau, son village où il souhaite, à ses funérailles, être accompagné au rythme d’une musique traditionnelle.

  • Petit berger à l’âge de 5 ans. L’auteur y fait un petit parallèle avec Philibert Tsiranana, le premier président de la République de Madagascar.
  • Un écolier miraculé ; un titre expressif qui dit tout sur son contenu.
  • Lomé : le bout du monde… chez les Thénardier, cadre urbain où il découvrit les réalités cachées derrière la grande famille africaine.
  • Une famille résiliente et déterminée dans l’adversité
  • Tunis où il découvre que les maghrébins appellent Africains les Noirs de leur continent,
  • Dijon : atmosphère de retrouvailles et d’instinct grégaire
  • Paris, le grand carrefour, où Akakpo Ahianyon, l’ancien ministre des Affaires Etrangères d’Eyadéma, avait accueilli l’auteur et lui avait cédé pour la nuit sa chambre pour aller dormir ailleurs.
  • Paris, dans le panafricanisme militant.
  • Début de ma carrière professionnelle à l’OPAT. L’OPAT où il découvrit la grande dimension et la hauteur d’un des directeurs de cet office : Boukary Djobo, qui deviendra son mentor et son ami.
  • Ma carrière à la BCEAO : où il fut témoin radical de l’évolution de cette banque ; de Abdoulaye Fadiga à Konan Banny.

Ce qui le met aujourd’hui à l’aise pour dire sa part de vérité, surtout comme Secrétaire Général au siège de la BCEAO à Dakar  – – – – – – sur le franc CFA et l’expertise africaine ;  sur l’engagement du Gouverneur Fadiga jusqu’à son dernier souffle ;  sur le capital humain sous la conduite d’ Aboudoulaye Fadiga ;  sur nos motifs d’une réelle fierté de cette Banque au-delà « des messages brouillés de la France », au-delà  des critiques et des polémiques ;  sur la dévaluation.  sur les leçons de dignité déplacées du président Mobutu par rapport à cette dévaluation.

  • Enfin, avant de dire ses impérissables joies de vivre et vanter la beauté du monde, l’auteur n’a pas manqué de souligner dans ce livre, les attentes des peuples africains :-sur le progrès de l’Afrique : qui doit se développer par la pensée et le travail loin des dieux et des maîtres,

    -sur le pari de l’industrialisation,

    – sur la fidélité à nos valeurs spirituelles,

    – sur une  formation les acteurs politiques (Le Togo : une singularité, hélas !)

KLOUSEH Michel

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici