Du 11 au 18 avril 2026, la résidence de création artistique La Renaissance, organisée par le Cercle de Réflexion Culturel (le Cerecul), a offert une occasion de réflexion et de création autour de la thématique de renaissance.
A cet événement, l’artiste plasticien et scénographe togolais KINGLO Kodjo Eyram a créé une œuvre intitulée « Focus », une création qui évoque les conditions nécessaires pour atteindre l’idéal de la renaissance.
Un appel à la concentration dans un monde en perpétuelle distraction
L’œuvre « Focus » s’inscrit dans la thématique de la résidence et part du principe selon laquelle la renaissance implique un ensemble de conditions à remplir. Pour l’artiste, l’une des plus fondamentales est la capacité de se concentrer pleinement. « Dans le processus de la renaissance, il est essentiel d’être focus », affirme KINGLO Kodjo Eyram. La concentration devient donc le pilier sur lequel repose cette quête de renouveau.
L’artiste définit la renaissance comme un parcours intérieur : celui de l’individu en quête d’une meilleure version de lui-même. Selon lui, le concept de focus n’est pas simplement un état de concentration, mais un mode de vie. Il s’agit d’être toujours attentif et prêt à saisir les opportunités tout en restant fidèle à son objectif.
Concentration dans un monde assourdissant : un défi possible
Dans un monde saturé de distractions et de sollicitations diverses, la question de savoir s’il est possible de rester focus devient centrale. Pour Eyram, il n’y a pas de doute : c’est possible, bien que complexe. « Je pense que c’est difficile, voire compliqué, mais c’est tout de même faisable. Tout dépend de la manière dont on évalue et priorise nos actions. Si tu es focus et que les informations ou les événements viennent te perturber, il est toujours possible de revenir à l’essentiel », explique l’artiste.
Ainsi, la concentration ne serait pas une condition figée, mais une pratique continue et consciente.
Selon KINGLO Kodjo Eyram, le moteur essentiel pour maintenir cette concentration réside dans la connaissance de soi. « Connaître ses forces et ses faiblesses permet de savoir quelle direction prendre », déclare-t-il. La maîtrise de soi devient ainsi la clé pour réussir à rester centré sur ses objectifs, malgré les distractions extérieures.
Eyram KINGLO connu sous le pseudonyme EGO – LA POCHE, est un artiste plasticien togolais autodidacte dont la pratique s’inscrit dans une recherche contemporaine mêlant abstraction lyrique, mémoire collective et questionnements sociaux. Son travail explore les tensions entre l’intime et le collectif, en construisant des ponts entre héritages culturels, expériences personnelles et réalités contemporaines.
Au cœur de sa démarche se trouve une approche expérimentale de la matière, notamment à travers sa technique développée appelée « Si Colle », qui consiste à appliquer de la colle sur le support afin de générer des tracés en relief.
Cette technique lui permet de matérialiser des lignes sensibles, proches de l’écriture automatique, traduisant des émotions, des récits enfouis et des cartographies intérieures.
Dans plusieurs de ses projets, notamment EGO-LA POCHE, Eyram mobilise la métaphore de la poche comme espace symbolique. La poche devient à la fois un lieu de protection, de dissimulation, de pouvoir et d’absence.
Il est à noter qu’au-delà de la dimension artistique, le projet La Renaissance représente également une initiative culturelle majeure pour la Commune du Golfe 4.
Il offre un espace propice à la création, à la réflexion, et à l’échange, tout en contribuant à la valorisation de l’espace public et à l’animation culturelle de la région. Une belle illustration de la manière dont l’art peut participer à la transformation sociale et à l’épanouissement collectif.
Germain DOUBIDJi













