BADA Yao Sena : l’itinéraire d’un entrepreneur entre affaires, tradition et engagement

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Un parcours atypique comme celui de BADA Yao Sena on n’en trouve très rarement. L’homme est passé de l’électronique au transit, de l’entrepreneuriat à la chefferie traditionnelle. Né en 1980 à Kpalimé-Danyi Elavagnon, cet entrepreneur togolais d’origine ghanéenne est aujourd’hui à la croisée de plusieurs univers : celui des affaires, de la tradition et de l’engagement communautaire. Un itinéraire marqué par l’apprentissage, les épreuves et une volonté constante d’agir.

Le parcours de l’homme ne semble avoir été linéaire

Titulaire d’un baccalauréat série D, il s’intéresse très tôt aux métiers pratiques. En 2003, il s’oriente vers l’électronique générale et suit une formation à Centrale Communication, à Dékon. Cette première expérience lui permet de développer des compétences techniques et de faire ses premiers pas dans l’univers professionnel. Mais c’est quelques années plus tard que son parcours prend une tournure décisive.
En effet, entre 2005 et 2006, BADA Yao Sena accompagne sa mère dans ses activités au sein de HELENA TRANS. Pour lui, cette période représente bien plus qu’une simple expérience professionnelle.
Au contact des dossiers, des clients et des réalités du terrain, il découvre progressivement le fonctionnement du transit et de la douane. Il apprend par l’observation, la pratique et l’expérience.
Cette immersion familiale va nourrir son projet professionnel. En 2007, il décide de compléter ses connaissances par une formation théorique en transit et douane au CAFPC-Formation-TDSCCI.
La pratique d’un côté, la théorie de l’autre : les deux expériences deviennent les fondations sur lesquelles il construira progressivement son parcours entrepreneurial.

Une vocation d’entrepreneur

En 2018, BADA Yao Sena franchit un nouveau cap avec la création de BADA INVESTMENT. La société développe des activités dans plusieurs domaines : transit et douane, import-export, commerce général et représentation commerciale.
Mais derrière la création d’une entreprise se cache une réalité souvent moins visible, celle des difficultés quotidiennes.
Fidéliser les clients, préserver la solidité des collaborations, gérer les charges, payer les loyers et les salaires ou encore maîtriser les effets de la vente à crédit autant de défis auxquels l’entrepreneur dit avoir été confronté.
Certaines expériences professionnelles lui ont également montré combien les relations de travail peuvent être fragiles, notamment lorsque des collaborateurs souhaitent rapidement voler de leurs propres ailes.
Ces difficultés ne sont toutefois pas perçues comme de simples obstacles. Elles constituent, dans son parcours, des expériences d’apprentissage.
La patience, la prudence, la persévérance et la capacité d’adaptation deviennent progressivement des principes importants de sa conception de l’entrepreneuriat.
Quand l’entrepreneur devient chef
En 2014, une autre page s’ouvre dans la vie de BADA Yao Sena. Il est intronisé chef traditionnel de Woudaoba-Aflao, sous le nom de Fiator Sena BADA III.
Avec la chefferie, la nature de ses responsabilités change. L’homme d’affaires doit désormais composer avec une autre dimension de la vie sociale : celle de la tradition, de la médiation et de la cohésion communautaire.
Dans cette fonction, il œuvre notamment à la préservation de la paix, au rapprochement entre les membres de la communauté et à la promotion du développement local.
Le trône lui impose ainsi une responsabilité qui dépasse les intérêts individuels. Il s’agit de contribuer à maintenir le dialogue et de favoriser une dynamique collective autour des préoccupations de la communauté.
Trois univers, une même philosophie
Entreprise, tradition et engagement communautaire pourraient sembler constituer trois univers distincts. Dans le parcours de BADA Yao Sena, ils apparaissent pourtant comme les différentes facettes d’une même volonté : prendre des initiatives et assumer des responsabilités.
Son expérience entrepreneuriale lui a appris à composer avec les risques et les incertitudes. Son parcours auprès de sa mère lui a transmis la valeur de l’apprentissage par la pratique. Sa formation lui a apporté des connaissances structurées. Et la chefferie l’a placé au cœur des préoccupations collectives.
Cette combinaison façonne aujourd’hui son regard sur le développement.
À travers BADA INVESTMENT, il poursuit son engagement dans le monde économique. À travers sa fonction de Fiator Sena BADA III, il participe à la vie de sa communauté et à la préservation du lien social.
Un parcours encore en construction
À 46 ans, BADA Yao Sena présente ainsi un parcours où les expériences professionnelles et les responsabilités traditionnelles se répondent.
Son histoire rappelle surtout qu’un parcours entrepreneurial ne se construit pas uniquement autour de la réussite visible. Il se nourrit également des apprentissages, des revers, des remises en question et de la capacité à continuer d’avancer.
De Kpalimé-Danyi Elavagnon aux activités de BADA INVESTMENT, en passant par HELENA TRANS et le trône de Woudaoba-Aflao, son itinéraire reste celui d’un homme qui a choisi de transformer ses expériences en leviers d’action

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