COP30 à Belém : l’Afrique francophone réclame justice climatique, financements et solidarité 

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La COP30 s’est officiellement ouverte le 10 novembre 2025 à Belém, au cœur de l’Amazonie, ce poumon du monde qui souffre mais résiste encore. Dix ans après l’Accord de Paris, le monde arrive à un tournant historique : soit nous accélérons l’action climatique, soit nous condamnons des millions de vies à l’injustice climatique permanente.
Depuis Doha jusqu’à Belém, Jeunes Verts, la Coalition sur les Énergies Renouvelables  (REC),  la Coalition Afrique Francophone sur les Énergies Renouvelables (CAFER),  Global Call to Action Against Poverty – GCAP, et l’Action des Jeunes pour le Développement Intégral (AJEDI) portent ensemble la voix des communautés francophones d’Afrique qui refusent d’être oubliées dans les engagements mondiaux.

En Afrique de l’Ouest, la crise climatique n’est pas un concept : c’est la réalité quotidienne. Dans les villages, les écoles, les marchés, les champs, le dérèglement climatique frappe plus fort que partout ailleurs, alors que notre contribution aux émissions mondiales ne dépasse pas 3 %.

Aussi les pays africains, et tout particulièrement les pays francophones, arrivent-ils à Belém avec une exigence claire : Des financements climatiques justes, accessibles, rapides et orientés vers les énergies renouvelables, l’adaptation, la biodiversité et les communautés.
Cette exigence n’est pas théorique. Elle s’incarne dans des femmes, des enfants, des jeunes, des agriculteurs, des défenseurs du climat qui se battent avec courage malgré la pauvreté des moyens.
Sur les berges de Zio au Togo, il y a trois ans, la terre était nue, sèche, fatiguée. Aujourd’hui, grâce au projet de reboisement d’AJEDI, la zone est redevenue un espace vert, vivant, respirant. Environ  1 500 000 plants y ont été mis en terre, protégés, entretenus, adoptés par les communautés.
« Avant, ici c’était la chaleur et la poussière. Maintenant, nous avons de l’ombre, des oiseaux, et même plus de poissons dans la rivière. Ces arbres nous redonnent de la dignité », confie Kossi Koffi, un jeune jardinier de Zio.

Ce reboisement est un cas d’école. Un exemple que les délégations africaines veulent mettre en avant à la COP30 : Quand on finance les communautés, elles transforment les territoires. Fort heureusement ce n’est pas la seule bonne action.
Pendant que les chefs d’État négocient à Belém, au village de Landa, les femmes fabriquent un charbon écologique qui remplace le charbon de bois traditionnel. Ce projet mené par Jeunes Verts, REC et CAFER est un modèle de résilience climatique locale. Les témoignages vont bon train.
« Avant, nous coupions les arbres pour cuisiner. Maintenant, nous protégeons la forêt. Et nous gagnons un revenu. La transition énergétique, pour nous, c’est du concret ! », déclare Naka Abidé, mère de quatre enfants.

Au niveau de 3 établissements scolaires togolais, Jeunes Verts à lancé le projet Zéro Déchet pour sensibiliser, recycler, et transformer les comportements dès l’enfance. Le projet porte de fruits.
« Avant, je jetais tout par terre. Maintenant, je sais que chaque déchet plastique détruit un arbre, un animal, un morceau de notre avenir », Akakpo Yawavi, une élève de 11 ans du Lycée de Bè-Klikamé.

Par ailleurs, avec le projet Solar4Schools, des kits solaires sont partagés dans les écoles rurales. Dans un contexte où l’accès à l’électricité reste un luxe, chaque kit change des vies : des élèves qui peuvent étudier le soir, des enseignants qui préparent les cours, et des communautés qui découvrent les technologies propres.
À Tchifama, Boukari Azia, une directrice d’école a témoigné : « La lumière solaire, c’est la lumière de l’espoir pour nos élèves. Ils peuvent maintenant rêver plus loin. »
C’est exactement pour ce type de projet que Jeunes Verts, REC  et  CAFER réclament un doublement immédiat des financements pour les énergies renouvelables.

Plusieurs voix s’accordent pour dire que c’est justement cette capacité d’innovation locale que la COP30 doit financer. La prise de conscience doit être encouragée par un financement massif de l’éducation environnementale en Afrique.

« À Belém, notre message aux négociateurs : n’oubliez pas l’Afrique francophone », confie un acteur de l’Afrique francophone.

Le CAFER, en première ligne, plaide pour une reconnaissance spécifique des pays d’Afrique francophone dans les mécanismes financiers, trop souvent accaparés par les anglophones ou les économies plus structurées.

Les réseaux GCAP, REC, Jeunes Verts, AJEDI et CAFER demandent ensemble à la COP30 : un Fonds de transition énergétique réellement accessible pour les pays francophones, des financements pour l’adaptation locale, une COP30 qui place les communautés au centre, des partenariats avec des investisseurs, fondations et entreprises pendant la COP.

Les peuples du Togo, du Bénin, du Mali, du Sénégal, du Niger, du Cameroun… n’attendent plus des promesses. Ils attendent des financements, des actions, des preuves d’engagement.

À Belém, le symbole de la COP30 est le Curupira, gardien redouté des forêts. Si les décideurs n’assument pas leurs responsabilités : financer le climat, protéger les forêts, soutenir les énergies propres et traiter équitablement les pays francophones ….. alors le Curupira ne les épargnera pas. Il se dressera contre chaque promesse trahie, chaque retard, chaque financement refusé. Car ceux qui ignorent la nature finissent toujours par en payer le prix.

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