FIJAP d’Abidjan : Eyram Kinglo fait rayonner l’art togolais

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Le plasticien togolais Eyram Kinglo a pris part à la 2ᵉ édition de la Foire Internationale des Jeunes Artistes Plasticiens (FIJAP), organisée du 21 au 28 août 2026 au Palais de la Culture Bernard Binlin-Dadié d’Abidjan, en Côte d’Ivoire. À travers ses créations réalisées notamment à partir de matériaux de récupération, l’artiste a présenté au public ivoirien une démarche artistique à la croisée de la création, de l’innovation et de l’écologie.

Exposées dans la salle Christian Latié, les œuvres d’Eyram Kinglo ont suscité l’intérêt des visiteurs et permis au jeune plasticien d’échanger avec le public ainsi qu’avec plusieurs acteurs du monde culturel. Il a eu l’occasion de rencontrer entre autres, Célestin Koffi Yao,artiste plasticien et universitaire ivoirien,  Françoise Remarck, ministre ivoirienne de la Culture et de la Francophonie.

Cette participation s’inscrit dans la dynamique de promotion de la jeune création africaine portée par la FIJAP, tout en favorisant les rencontres et les échanges entre artistes du continent.

Le textile de récupération au cœur de sa démarche

Pour Eyram Kinglo, cette première participation à la FIJAP d’Abidjan a surtout été l’occasion de confronter son travail à de nouveaux regards et de mieux faire connaître sa démarche artistique.

« Ma technique est inspirée de l’intention qui sous-tend le mouvement Vohou-Vohou : détourner les objets de leur fonction première pour en faire des œuvres esthétiques », explique le plasticien.

Le Vohou-Vohou, mouvement artistique ivoirien apparu au début des années 1970 autour d’étudiants de l’École des Beaux-Arts d’Abidjan, s’est notamment développé en rupture avec l’académisme occidental et certains codes esthétiques hérités de la période coloniale.

Dans sa pratique, Eyram Kinglo accorde ainsi une place importante aux matériaux issus de la récupération, notamment le textile,  jeans, pantalons, jupes et autres vêtements ayant accompagné le quotidien avant d’être abandonnés deviennent sous ses mains des éléments constitutifs de nouvelles œuvres.

Cette démarche entre directement en résonance avec le thème de cette édition de la FIJAP : « Art, écologie et innovation : la culture au service de l’emploi vert des jeunes ».

Une immersion dans l’écosystème artistique ivoirien

Au-delà de l’exposition de ses œuvres, le séjour à Abidjan a permis au plasticien togolais de découvrir un écosystème artistique particulièrement dynamique.

« C’est pour moi une joie de découvrir un écosystème très dynamique, dans lequel presque toute la chaîne de valeur est intéressante », confie-t-il.

L’artiste dit également avoir apprécié les échanges avec des critiques d’art, des penseurs, des créateurs et plusieurs figures de l’art contemporain africain et ivoirien.

Ces rencontres lui ont permis de recueillir des appréciations encourageantes sur son travail. « J’ai eu des retours très positifs. Je retiens que j’ai une proposition intéressante qui a besoin d’être raffinée, mais qui a de la substance », souligne-t-il.

Pour lui, cette expérience rappelle également que la création artistique repose sur un processus continu de recherche et de perfectionnement.

« Je retiens aussi que le travail de création est un long processus de recherche. Ma première expérience à Abidjan est très bénéfique », ajoute Eyram Kinglo.

L’art au service de l’écologie et de l’innovation

Durant une semaine, la FIJAP a réuni de jeunes artistes autour des enjeux liés à l’art, à l’écologie et à l’innovation. La manifestation entend ainsi mettre en lumière le rôle de la création artistique dans la sensibilisation aux problématiques environnementales et dans la recherche de nouvelles opportunités pour les jeunes.

Pour Eyram Kinglo, cette participation constitue également une nouvelle étape dans la promotion de la création plastique togolaise au-delà des frontières nationales.

Son approche fondée sur la récupération et la transformation du textile illustre ainsi une manière pour les jeunes artistes de donner une seconde vie aux objets tout en développant une expression artistique personnelle.

Cette première immersion dans le milieu artistique abidjanais ouvre, pour le plasticien togolais, de nouvelles perspectives de rencontres, de recherche et de diffusion de son travail sur la scène artistique africaine.

 

Germain DOUBIDJI

 

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