L’Organisation nationale pour l’accessibilité, le travail et l’emploi des personnes handicapées au Togo (ONATEPH-TOGO), avec l’appui de la Coopération allemande à travers le programme ProEmploi+ de la GIZ-Togo, a organisé jeudi à Lomé un atelier consacré à l’inclusion des personnes handicapées dans la fonction publique.
La rencontre, qui a réuni des responsables et points focaux de plusieurs ministères, a notamment porté sur l’accessibilité universelle, la non-discrimination, les aménagements raisonnables et les pratiques de gestion inclusive. Elle a également permis de présenter les résultats d’une enquête sur les conditions de travail des fonctionnaires handicapés.
L’objectif était de renforcer les capacités des responsables administratifs afin de favoriser une meilleure prise en compte des besoins spécifiques des agents handicapés dans leur environnement professionnel.
Des obstacles persistants
L’intégration de personnes handicapées dans la fonction publique à la suite du concours général de recrutement, avec une prise de service le 31 mars 2025, constitue une avancée, mais leur inclusion effective reste confrontée à plusieurs obstacles.
Les difficultés identifiées concernent notamment l’accessibilité de certains bâtiments et postes de travail, le manque d’équipements adaptés, l’insuffisance des aménagements raisonnables et l’accès limité à certaines technologies. Des pratiques de gestion des ressources humaines encore peu adaptées ainsi que les risques de stigmatisation et de discrimination figurent également parmi les préoccupations soulevées.
Pour l’ONATEPH-TOGO, l’enjeu ne se limite donc plus au recrutement, mais consiste également à permettre aux agents handicapés d’exercer leurs fonctions dans des conditions équitables et accessibles.
« Recruter est un premier pas. Inclure est une volonté politique et une exigence éthique », a déclaré la vice-présidente de l’organisation, Apoka Madjé Zékpa.
Elle a appelé à poursuivre les efforts en matière d’adaptation des postes de travail, d’accessibilité des locaux et de sensibilisation des collègues et responsables hiérarchiques.
Vers des mécanismes institutionnels
Le directeur général bénévole de l’ONATEPH-TOGO, Gaëtan Ahoomey-Zunu, a indiqué que cette initiative s’inscrit dans la politique sociale du gouvernement et dans les actions menées avec les partenaires techniques et financiers.
L’objectif est notamment de renforcer les capacités des acteurs institutionnels et de favoriser la mise en place de solutions adaptées aux besoins des personnes handicapées dans l’administration publique.
Les travaux ont également porté sur des pistes d’action au niveau ministériel, dont le projet de création d’une cellule interministérielle chargée de l’inclusion et l’identification de mesures que les différents départements pourraient mettre en œuvre et suivre.
« L’inclusion ne se limite pas au recrutement »
Pour Karimu Wasiyou, directeur des personnes handicapées au ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, l’inclusion professionnelle doit permettre aux agents concernés d’exercer effectivement leurs fonctions dans des conditions équitables.
Il a insisté sur la nécessité d’adaptations appropriées permettant aux personnes handicapées de travailler dans des conditions d’égalité avec les autres agents, sans imposer une charge disproportionnée à l’administration.
L’atelier intervient alors que le gouvernement togolais a adopté, le 7 septembre 2026, un projet de loi relatif à la promotion et à la protection des personnes handicapées, destiné à renforcer le cadre juridique existant.
À travers cette initiative, l’ONATEPH-TOGO entend contribuer à inscrire davantage l’inclusion des personnes handicapées dans la gestion des ressources humaines et la gouvernance publique au Togo, en cohérence notamment avec les Objectifs de développement durable (ODD) 8 sur le travail décent et 10 sur la réduction des inégalités.













