Dans ce siècle présent où le monde parait assez convulsif, si je dois m’adresser prodigieusement à quelqu’un, c’est à vous jeunesses africaines. Vos ainés avaient une condition de vie empreinte de misère, de précarité, de supplices, des humiliations de toute sorte, bref leur vie a été foncièrement absinthée, mais vous, vous pouvez changer le cours de votre histoire afin de mieux vivre. Réussir n’est pas un don, c’est un choix lucide assorti de sacrifices. Personne n’a réussi sans faire de sacrifices, sans faire des efforts habituels et exceptionnels, sans vouer respect aux principes surnaturels et naturels.
Abjurez les passions de la jeunesse. Soyez dociles à tous égards. L’éducation que vous inculquent vos parents vous interdit de fouler au pied les principes de déférence aux ainés. Produisez le fruit de la politesse qui manque le moins dans ce siècle présent. Le fruit de l’impolitesse et de la rébellion est très amer, gardez-vous d’en produire de peur de pourrir votre existence. Ecoutez vos ainés pétris de sagesse et d’expériences tous azimuts de la vie. Ils sont vos éclaireurs, vos guides. Ils ont un devoir pareil à celui d’un berger qui conduit ses brebis vers les verts pâturages, S’ils faillissent, ils dresseront le lit au désastre. Le système dans lequel ils ont vécu ne doit guère légiférer sur les moyens pour vous inculquer la bonne éducation conformément aux réalités africaines. Que leur rigueur dans votre éducation ne créé entre vous l’inimitié ou un conflit générationnel au point de vous en vouloir. Ils sont dans leur rôle. Qui aime bien ne transige pas. C’est le mandat que leur donne la responsabilité, c’est l’attente d’une société qui se veut responsable car un malappris fait la honte de ses parents, encore moins de sa communauté. Ils ont l’obligation de construire une relève digne et responsable. Ils se démarquent de certains de leurs pairs qui, au chapitre de l’éducation avaient depuis des lustres rendu le tablier afin de faire plutôt face aux énormes défis pécuniaires qui leur donnent des grains à moudre. Les conséquences sont gravissimes, les dégâts sont énormes et soulèvent des inquiétudes, des questionnements sur le modèle de société qu’ils veulent bâtir et la qualité de l’éducation qu’ils envisagent inculquer aux générations présentes et futures. Nous savons du reste que c’est l’éducation ascétique qui bâtit le caractère humain. Que vos manières de penser, de concevoir et d’appréhender les choses, vos manières d’agir, votre lecture du monde en perpétuelle mutation, au lieu de susciter des émois, forcent plutôt l’admiration. Offrez-vous en sacrifice sur l’autel de l’excellence car l’humanité toute entière est à la botte des excellents. En toute chose, cultivez l’excellence.
Battez-vous contre l’indigence. Un indigent a toujours tort. Il n’a jamais raison. Il est le sujet des autres. Il ne peut jamais s’estimer digne et épanoui. Il n’a pas de paroles, ni de conseils à prodiguer. Personne ne l’écoute ni ne le croit. Il ne mérite le respect de personne. Il est exposé à toute forme de maltraitance et d’exploitation vicieuse. La serpillière a bien plus de valeur que lui. En toute chose il est laissé sur le carreau et souvent jeté dans la poubelle de la vie. Vous êtes peut-être nés indigents, choisissez de mourir nantis sinon votre génération et celles à venir ne vous pardonneront guère d’autant plus que vous n’avez investi dans personne pour changer sa situation précaire en vue de lui redonner un nouvel espoir. La grandeur de l’homme réside dans l’investissement qu’il fait dans l’homme et non le nombre et la qualité de ses avoirs. Passez des nuits blanches pour atteindre le summum du succès qui rejaillira sur les autres. Si de toute votre existence, personne en dehors de la famille restreinte ne vous doit sa réussite, son succès, vous êtes un arbre infécond et souffrez que l’opinion publique vous taxe de nombrilistes, or un nombriliste dans ses mauvais jours ne mérite la compassion de personne. Son environnement immédiat ou lointain lui rend la monnaie de sa pièce. Vous aurez besoin certainement de quelqu’un un jour. Le bien ou le mal que vous semez autour de vous, ne vous leurrez pas, sera moissonné quand ils seront mûrs. Que le dur labeur soit votre meilleur ami, vous gagnerez en honneur et en dignité. Ne courbez jamais l’échine devant aucune difficulté de la vie. Les difficultés, quelle que soit leur taille, sont éphémères. Ne vous laissez pas zigouiller par l’ennui et le désespoir. Que rien ne vous détourne de votre rêve. Gagnez dignement votre vie et soyez le model de votre génération. Soyez cultivés, compétents et vendez- vous chers sur les marchés d’emploi ou devenez vaille que vaille votre propre patron. Saisissez au bond les opportunités qui s’offrent à vous et qui ne furent offertes à vos antécesseurs. Elles sont à vos portes. Ecarquillez bien vos yeux. Ayez la connaissance de vous-mêmes. Sortez de votre zone de confort. Visualisez vos objectifs. Brisez les barrières qui vous retiennent. Attendez que ça puisse prendre du temps ou qu’il y ait un échec car l’échec, croyez-moi, est un bon conseiller. Œuvrez sans relâche pour sculpter votre propre avenir. Veillez à ce que chacun de vos gestes tisse le monde de demain où la concorde et l’amour des congénères sont les choses les mieux partagées
Ne perdez pas votre temps avec ceux qui vous prennent à leur service et vous jette sans considération à la figure des miettes, qui vous maintiennent dans la dépendance, la misère criarde, la précarité. Aucun développement tant souhaité ne peut venir des portions congrues. Unissez-vous contre « ceux qui bâtissent leur maison par injustice, et les chambres par l’iniquité », qui vous font travailler sans rémunérer vos efforts, sans libérer vos dus. Ne soyez pas complices de l’exploitation à laquelle ils vous soumettent ou encore de l’occupation inféconde à laquelle ils vous attèlent pour satisfaire leur égoïsme. Attendez plus de votre génie créateur. Il est un pourvoyeur, il fait de vous votre propre chef. Réveillez-le, il sommeille en vous, donnez-lui l’occasion de vous façonner, de vous recréer, de vous valoriser, de vous rendre utiles, de vous développer car les gens comptent sur vous. Vous êtes l’espoir d’une multitude de nations et de peuples. Inscrivez vos noms dans les annales des héros qui révolutionnent le monde d’aujourd’hui et de demain, vous avez les ressources nécessaires, le plein potentiel pour y parvenir si seulement vous êtes animés d’une bonne volonté sans laquelle personne ne peut émerger. Ayez confiance en vous. Croyez en vous. Soyez prompts à accomplir les bonnes œuvres. Soyez réfractaires ou allergiques aux basses besognes qui vous mettent en perpétuelle situation conflictuelle avec votre for- intérieur. Si vous êtes oisifs, vous donnez accès aux vices de toute sorte, jamais vous ne serez maitres de vous-mêmes. Vous naviguerez à vue sans jamais accomplir votre destinée, sans jamais apparaitre sur la scène des puissants et grands de ce monde, des bâtisseurs de vie épanouie, sans jamais donner espoir aux désespérés, sans jamais arracher du sourire aux âmes languissantes et abattues. Vous serez inscrits dans les annales de déshonneur et des ratés. Je vous le dis et le répète, ayez en aversion l’oisiveté, la mère de tous les vices et les besoins. Ne vous constipez jamais avec le pain de paresse et de gain facile. Que votre vie soit exempte de toute sorte d’immondice qui pourrait nuire à vos souvenirs parfaits. Ne sabordez guère le navire de votre destinée. Selon Mahatma Gandhi, « Il y a sept choses qui nous détruiront assurément : la richesse sans travail, le plaisir sans conscience, la connaissance sans caractère, la religion sans sacrifice, la politique sans principes, la science sans humanité, les affaires sans éthique. » Ne vous laissez guère séduire par ces choses. En toute chose et en toute circonstance, cultivez l’intégrité, cette vertu cardinale qui fonde la confiance, la bonne estime de soi et la meilleure capacité à prendre des décisions éclairées
Sortez de l’illusion selon laquelle la fonction publique est la panacée aux maux dont souffrent les diplômés sortis des universités publiques ou privées et vous serez aux anges. Rendez-vous à l’évidence que le marché d’emploi est saturé. Le secteur formel seul n’a pas la capacité d’absorption de tous les diplômés. Les miracles que les papiers obtenus après tant d’années d’étude peinent à réaliser, vos mains, vos pieds fortifiés et votre génie créateur vous aideront à élever votre empire. Faites des champs, des marchés, des industries privées, des secteurs numériques et d’innovation, vos bureaux. C’est difficile mais vous y arriverez en vous armant du courage et de l’abnégation. Si personne ne vous fortifie, fortifiez-vous. N’attendez rien des autres si ce n’est le mépris, le rejet, l’envie, la jalousie, le désespoir, les coups bas, l’indifférence, l’hypocrisie, l’avidité, le découragement, la calomnie… Quand vous serez au sommet ils perdront leur sourire, mais quand vous rater le coche ils jouiront de vous des railleries en coulisse. Je ne vous dirai pas que celui qui vous aime plus que tout, c’est vous-même. Alors si vous vous aimez, travaillez sans répit dans le silence et laissez votre succès faire du bruit.
Faites un peu de recul, vous constaterez que certaines vermines, pour des privilèges corruptibles, trahissent toute honte bue leurs propres frères de sang épris de liberté. Elles les livrent aux prédateurs inconditionnels et sans scrupules, aux criminels en col blanc. La suite vous la connaissez. Ils sont froidement assassinés. Trahir son propre frère c’est de la pleutrerie. La pleutrerie, non seulement a trop endeuillé l’Afrique mais aussi entravé son développement. Par la boulimie des lézards gris, beaucoup de nos vaillants dans leurs luttes héroïques pour l’émancipation, la liberté, la souveraineté de leurs peuples sont tombés les armes à la main et n’ont bénéficié d’aucun traitement digne. Qui est cet Africain digne qui ne se révolterait pas contre cette ignominie, cette injustice qui n’a que trop duré sur la terre de ses aïeux ? Qui est ce patriote avisé qui restera coi devant la répétition de l’histoire tragique de ses leaders hardis à briser les chaines de la domination, de l’oppression ? Le seul antidote anti pleutrerie et anti assassinats odieux de vos leaders pragmatiques, visionnaires, révolutionnaires, c’est la révolte. Quand la révolte rugit, l’injustice se cache. Que rien sous le soleil ne fasse de vous des pleutres. Le salaire des pleutres c’est la tragédie. Entre la tragédie et l’honneur, choisissez l’honneur car ses fruits procurent des délices. Vous ne le savez peut-être pas. La méthode de l’ennemi reste la même. Pour parvenir à son dessein machiavélique, il utilise des subterfuges et accuse le leader encombrant de rage afin de le noyer. Pour camoufler son crime, il commandite les sbires de la maison ou de la maison voisine. C’est ainsi que les forces obscurantistes endogènes et exogènes travaillent de concert pour perpétrer leur crime. Ne soyez plus naïfs. Les faits sont têtus, la mémoire collective s’en souvient toujours et encore. Ne succombez jamais à la tentation de trahir vos frères qui défendent une cause commune. Ne succombez jamais à la tentation d’apporter une quelconque caution aux complots ourdis contre vos leaders clairvoyants. Tenez, les liens fraternels en Afrique sont sacralisés. L’arbre de la fraternité se courbe mais jamais ne se brise. Les querelles intestines, fratricides, les conflits d’intérêt, les clivages ethniques, linguistiques et religieuses, les crises familiales n’ont plus droit de cité, ils nous enlisent, nous affaiblissent et nous freinent dans notre élan de développement. Soyez unis et solidaires pour les nobles et communes causes de l’Afrique. Une Afrique unie a besoin de vous pour se libérer du joug obscurantiste. Ne vous laissez pas infiltrer par les lézards gris qui sont partout et vous épient sournoisement. Soyez de valeureux patriotes qui ne cèdent aucune parcelle à l’ennemi.
Un patriote est celui qui aime sa patrie et la sert avec dévouemen. L’esprit patriotique est avant tout un esprit guerrier, un attachement sentimental à sa patrie se manifestant par la volonté de la défendre, de la promouvoir. Un patriote aime son pays plus que lui-même. Il le soutient dans les bons comme dans les mauvais moments. Pour un patriote, son pays est sa patrie. Il est fier de sa culture, de ses traditions, de sa constitution insoupçonnée et de son héritage. Il incarne des valeurs citoyennes, entre autres, la civilité, le civisme, la solidarité, l’intégrité, le patriotisme, la tolérance, la concorde, la sauvegarde de l’intérêt général, le savoir-vivre collectif, l’ordre public, le respect du bien public et les bonnes mœurs. Un citoyen patriote a l’impérieux devoir de maintenir la concorde et la sécurité intérieures, de tolérer les différences, de traiter les autres équitablement, de lutter contre toute agression extérieure, de garder les secrets d’État et de travailler à la promotion du développement. Ayez une affection particulière envers l’Afrique, envers votre pays, cette terre à qui vous devez tout, en s’intéressant à son bien-être. Sacrifiez-vous entièrement pour cela. Soyez des patriotes ou des patriotes. Le feu capitaine Noël Isidore Thomas SANKARA, le capitaine Ibrahim TRAORE et bien d’autres figures emblématiques contemporaines du continent qui suscitent l’espoir des générations, sont les symboles du patriotisme agissant. Ils font la fierté de l’Afrique et du reste du monde. Ils restent et demeurent des modèles, n’en déplaisent aux zélateurs. Protégez et soutenez les leaders d’un tel acabit raffiné.
Tous les jours, vous êtes observateurs ou acteurs portés à des dépravations, des dévergondages, des invectives, des intoxications bien plus néfastes sur les réseaux sociaux. La majorité des adolescents aurait été atteinte par ces pratiques obscènes offertes sans circonspection en spectacle par leurs pairs. Les réseaux sociaux sont en réalité vos serviteurs, ne leur prêtez pas le flanc de vous avilir, de faire de vous des sans raisons, des sujets. Vous prétendez avoir des vues sinon beaucoup de vue certes, où est votre valeur ? Où est votre dignité ? La dignité ne s’achète pas. Elle se construit et s’entretient. Vous voulez du respect, imposez-le, ne le quémandez guère sous aucun prétexte. Soyez dignes et donnez-vous de la valeur. Parez-vous décemment et qu’aucun de vos attifements ne heurte les consciences. Soyez responsables. Utiliser rationnellement et à bon escient les réseaux sociaux est un devoir et une question de responsabilité. Utilisez-les pour informer, former, vous former, éduquer, instruire, divertir, dénoncer sans les traits enflammés de bullshit et d’exagération les dérives, les abus des imbus de cruauté, booster vos activités, donnez de la visibilité à vos commerces, à vos entreprises, à vos produits des champs et d’élevage. Ayez en aversion les réseaux sociaux qui vous déshumanisent, qui vous déboussolent et vous isolent de vos réalités et identités, qui absorbent votre temps et affectent sournoisement votre économie.
Les défis auxquels vous faites face sont énormes. L’enjeu est de taille. Vous avez de très grandes responsabilités. Vous serez comptables devant l’histoire. C’est pourquoi vous devez faire preuve de vigilance en toute chose. Certains d’entre vous fument leur vie en s’adonnant à la drogue, à l’alcool et au tabac. Le phénomène est d’une ampleur inquiétante et lourde de conséquences incalculables. Cela nous interpelle et vous interpelle car le risque d’hypothéquer votre avenir est très grand. Pour votre gouverne, On appelle « drogue » toute substance psychotrope ou psychoactive qui perturbe le fonctionnement du système nerveux central (sensations, perceptions, humeurs, sentiments, motricité) ou qui modifie les états de conscience. Une drogue est un produit susceptible d’entraîner une dépendance physique et/ou psychique. La drogue et l’alcool sont des poisons lents qui déciment ceux ou celles qui les consomment de façon addictive. Injecter, fumer, sniffer, inhaler ou ingérer sont autant de manières de consommer les drogues. Chacun de ces modes de consommation présente des risques spécifiques : risques de surdose, risques d’infection, de transmission de virus, de blessures ou coupures, de maladies respiratoires. À fortes doses, la drogue peut aussi occasionner des maladies mentales, telles que la schizophrénie, la paranoïa et la psychose. Elle rend aussi les personnes qui en consomment plus agressives, en causant une instabilité émotionnelle et même de l’impulsivité. Ces problèmes sont susceptibles de faire augmenter le niveau de désordre social et de violence, comme cela s’est vu dans différentes villes de par le monde, désordre et violence qui risquent de se répandre, au-delà de ces communautés, dans le reste de la société. Tenez, de nos jours, la chicha est très prisée et constitue un réel problème de santé pour les jeunes. Une séance de chicha délivre autant de monoxyde de carbone que le goudron. Une séance de chicha d’une heure équivaut à l’inhalation de fumée de cent à deux cents cigarettes. Fumer la chicha est aussi dangereux que la cigarette pour la santé. Les consommateurs de chicha courent le risque d’héberger le cancer du poumon, des lèvres, de la vessie et des voies aérodigestives supérieures. Le cancer ne pardonne pas. Il est sans pitié. Celui qui est ambitieux, qui porte une vision, qui s’aime et aime sa patrie doit abhorrer ces toxines. Éloignez-vous d’elles et concentrez-vous sur tout ce qui vous propulserait car vous êtes l’avenir du monde. Préservez votre vie. L’Afrique compte sur vous pour s’affranchir et se développer. Une chose dont vous devez en être sûrs est que l’Afrique sera l’eldorado du reste du monde. Les peuples et les nations du monde caresseront le rêve africain car vous réécrirez en lettre d’or les plus belles pages de son histoire.
Vivent les jeunesses africaines !
Vive l’Afrique unie, libre et prospère !












